Inspirations,
une tentative non exhaustive...

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Invictus, William Ernest Henley (1843-1903)

Dans les ténèbres qui m'enserrent,

Noires comme un puits où l'on se noie,

Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient,

Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances,

Je n'ai, ni gémi ni pleuré.

Meurtri par cette existence, 

Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu de colères et de pleurs, 

Se profile l'ombre de la mort.

Je ne sais ce que me réserve le sort, 

Mais je suis et je resterai sans peurs. 

Aussi étroit sois le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes, 

Je suis le maître de mon destin, 

Je suis le capitaine de mon âme. 

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Edgar Morin, leçons d'un siècle de vie.

"Ce que j'appelle l'état poétique, c'est cet état d'émotion devant ce qui nous semble beau ou/et aimable, non seulement dans l'art, mais également dans le monde et les expériences de nos vies, dans nos rencontres. L'émotion poétique nous ouvre, nous dilate, nous enchante. C'est un état second de transe qui peut être très douce, dans un échange de sourires, la contemplation d'un visage ou d'un paysage, très vive dans le rire, très ample dans les moments de bonheur, très intense dans la fête, la communion collective, la danse, la musique, et particulièrement ardente, enivrante, exaltante dans l'état d'amour partagé.

 

L'émotion poétique, dans l'exaltation suprême, peut arriver à l'extase, la sensation de se perdre tout en se retrouvant dans un ravissement ou une communion sublime.

L'état poétique commence-t-il avec les sourires des bébés, les ris et les jeux des enfants ? Il est en tout cas inégalement présent selon les caractères ou tempéraments. Les malheurs, les efforts pour survivre, le travail pénible et sans intérêt, l'obsession du gain, la froideur du calcul et de la rationalité abstraite, tout cela contribue à la domination de la prose (avec tout ce que ce terme comporte de banalité, d'inintérêt et d'ennui) dans les vies quotidiennes. Mais même alors, quelques échappées poétiques surviennent dans la plupart des vies.

 

Je ne confonds pas prose et malheurs : dans la prose, il y  a absence de joie; dans le malheur, il y a présence de la souffrance. Ceux qui subissent le malheur, les emprisonnés, les exclus, les misérables, sont également condamnés à la prose, même s'ils connaissent parfois des instants fugitifs de poésie."

Pierre Rabhi, La Convergence des Consciences

"On croit volontiers que l'Histoire a évolué dans le sens de la rationalité. C'est faux. Ce qui a fait bouger le monde ce sont les utopies. (...) La remise en cause des acquis et de la routine dogmatique vient toujours des entrailles de l'être. (...) Parmi toutes les diverses définitions de l'utopie, ma préférence va volontiers à celle-ci : "l'utopie est ce qui n'a pas été tenté". Elle invite à se libérer de la routine, des habitudes convenues et pétrifiantes et ouvre la porte de l'aventure vers l'inattendu."

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Cyril Dion, "rien qu'une prière"

« Juste une idée fixe qui tourne et s’alimente sans cesse à l’intérieur de mon crâne, de mes os.

Un élan hérité des lueurs millénaires, des fougères et des crocs, et des aventures batraciennes.

Rien qu’une prière.

Plus de distanciel, plus de mode dégradé, plus de « Zoom », de « Teams », de « Meet ».

Plus d’errance déconfinée, plus de courses empressées sur l’asphalte déserte.

Ne plus faire cas du moindre contact. Ne plus me dissocier.

Ne plus ériger à chacun de mes gestes de nouvelles barrières.

Mais revenir au monde, aux millions de mains, aux peaux… De l’air, aux pulsations familières.

Sentir sur mon cou le souffle et l’ardeur, autour de ma poitrine l’embrassade.

Soulagement du corps qui se rend et s’abandonne à celui qui le tient.

Plonger à nouveau dans le crépitement des ruches

Inspirer à pleines goulées et livrer aux cieux la puissance des brins, la chaleur des cœurs assemblés

Aimer encore aimer… Car il ne s’agit que de cela.

Tout ceci n’est pas qu’une histoire de climat, de croissance, de forêts dévastées.

Pas qu’une histoire de capitalisme, de libéralisme, d’espèces en déroute…

Tout ça, c’est aussi une histoire d’amour, une histoire d’amour qui a salement tourné ».

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«Si vraiment aucune pierre, aucun sérac, aucune crevasse ne m’attend quelque part dans le monde pour arrêter ma course, un jour viendra, où, vieux et las, je saurai trouver la paix parmi les animaux et les fleurs" Lionel Terray

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« Le dialogue, n’est-ce pas le défi d’élargir nos regards à l’autre, afin d’imaginer de nouveaux possibles ? »

Eric Julien

Eric de Kermel, les jardins de Zagarand, ed. Flammarion.

 

« Les communs ne sont pas hors de nous. Ils sont en nous. Ils sont ce que nous avons de plus précieux. Ils sont ce qui nous enfante et porte nos vies. Ils sont de nos parents et des parents de nos parents et sont à nos enfants et aux enfants de nos enfants. Les communs nous traversent. Nous en sommes. Nous sommes les rivières et les volcans. Nous sommes les montagnes et les vallées des montagnes. Nous sommes les poissons de la rivière et les aigles des altitudes. Nous sommes l’Izir et le terre qui la borde. Nous sommes les arbres qui grandissent sur la terre qui borde l’Izir. Nous sommes les fruits des arbres qui grandissent sur la terre qui borde l’Izir. Nous sommes le creux des mains ouvertes au monde. Nous sommes le creux des mains qui retient l’eau et la porte aux lèvres. Dans nos mains, à nos lèvres, coule une seule et même eau. Cette même eau coule entre nos lèvres et entre celles de tous ceux, humains ou non humains, qui habitent cette terre. Nous buvons à la même eau que celle qui coulait dans la gorge des dinosaures. De cette eau naît la joie de nos chants. Du chant de la terre naît notre joie. Nous sommes là pour chanter la joie des rivières, des montagnes et des arbres. Nous sommes leurs voix. Ils sont le corps du monde et nous sommes leurs voix. Nous sommes Un. […]

 

Vous, vous avez oublié d’écouter votre cœur et n’avez retenu les propos d’un seul homme. Chez nous, un homme seul n’a jamais raison. L’enseignement que vous venez de suivre a d’abord fait l’objet de nombreuses heures de conversations avec les plus âgés avant qu’il ne soit considéré comme pouvant être proposé à tous. En Occident, un homme dénommé Descartes, un français comme toi, a déclaré un jour que l’homme et la nature était dissociés. A l’un la responsabilité de l’autre. A l’un la domination sur l’autre. Ce fut une erreur fatale car l’homme n’est rien sans la nature. Et vous vous en rendez compte maintenant. C’est dans la nature que sont les réponses de l’homme et non dans l’homme en lui-même qui n’est pas son début et sa fin. Ou alors il va vite tourner en rond ! »

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